Une statue sur le Larzac

L’architecte Oscar Niemeyer, bien connu pour avoir dessiné Brasilia, la capitale futuriste du Brésil, envisage d’ériger une statue monumentale de 100 mètres évoquant le héros sud-américain Simon Bolivar pointée en direction des Etats-Unis. Cette statue doit surplomber Caracas en honneur de l’idole d’Hugo Chavez. Chavez, qui a changé le nom du pays en République bolivarienne du Venezuela et qui cite le Libertador dans presque tous ses discours, a indiqué que le projet placé sur la montagne d’Avila tendrait à rappeler le contexte crée par la statue du Christ de Corcovado face à la baie de Rio de Janeiro.

Lors d’une visite de Chavez au Brésil, Niemeyer a, à 99 ans, offert ses services pour construire la statue qui serait plus grande que la statue de la Liberté à New York. Bolivar est habituellement dépeint brandissant une épée sur un cheval, mais Niemeyer a indiqué qu’il ne montrera pas sa statue à personne avant que Chavez ne la voit.

Décidément, la figure de Bolivar n’ a pas fini de gagner du terrain en Amérique du Sud notamment avec l’alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), organisation politique, sociale et économique pour promouvoir la coopération dans la région. Cette initiative lancée par Chavez semble recevoir le soutien du bolivien Evo Morales,   ainsi que de Fidel Castro. Le 16 janvier 2007, Ortega et Correa, les nouveaux dirigeants du Nicaragua et d’Equateur annoncent de concert leur intention de participer à l »alternative bolivarienne pour les Amériques ».

En France, il y a un à qui ses nombreux adversaires ne vont pas tarder à lui reprocher ses fréquentations d’Amérique du Sud comme Morales ou Chavez, c’est José Bové.

Les Verts attendaient Nicolas Hulot sur leur droite, Marie-George Buffet le croyait sorti par la grande porte des collectifs unitaires. José Bové est revenu grâce à internet et un appel en sa faveur ayant recueilli plus de 30 000 signatures en trois semaines. Ce succès l’a convaincu de revenir dans la course à la présidentielle. Le 1er Février 2007, José Bové se déclare candidat à la présidence de la république à la bourse du travail de Saint-Denis (93) avec comme slogan de campagne : »Un autre monde est en marche ». L’objectif de José Bové est d’incarner une vraie alternative de Gauche et de couvrir l’arc-en-ciel qui va du rouge au vert avec un programme, qui entend répondre à la fois à l’urgence sociale, au « vivre ensemble », à l’expression citoyenne des exclus du système, à l’écologie et à l’antilibéralisme.

Histoire de pimenter l’aventure, l’ancien syndicaliste paysan risque toutefois de devoir piloter sa campagne depuis une cellule de prison car il est sous la menace d’une nouvelle incarcération pour un fauchage de champ de maïs transgénique en 2004.

Niemeyer envisage-t’il une statue de Bové avec sa pipe sur le Larzac ? Je suis pas sûr que Ségo et Sarko en soient enchantés.

Published in: on 1 février 2007 at 6:14  Comments (1)  

Post-scriptum à Kissinger

J’veux te raconter Kissinger/ L’histoire d’un de mes amis,/ Son nom ne te dira rien,/ II était chanteur au Chili./
Ça se passait dans un grand stade,/ On avait amené une table,/ Mon ami qui s’appelait Jara/ Fut amené tout près de là./
On lui fit mettre la main gauche/ Sur la table et un officier/ D’un seul coup avec une hache,/ Les doigts de la gauche a tranché./
D’un autre coup il sectionna/ Les doigts de la dextre et Jara/  Tomba, tout son sang giclait,/ 6000 prisonniers criaient./
L’officier déposa la hache,/ II s’appelait p’t’être Kissinger,/ Il piétina Victor Jara,/ Chante dit-il, tu es moins fier./
Levant ses mains vides des doigts/ Qui pinçaient hier la guitare,/ Jara se releva doucement,/ Faisons plaisir au commandant./
Il entonna l’hymne de l’U,/ De l’unité populaire,/ Repris par les 6000 voix/ Des prisonniers de cet enfer./
Une rafale de mitraillette/ Abattit alors mon ami,/ Celui qui a pointé son arme/ S’appelait peut-être Kissinger./
Cette histoire que j’ai racontée,/ Kissinger, ne se passait pas/ En quarante deux mais hier,/ En septembre septante trois.

Voilà la lettre qu’ adressa le chanteur belge Julos Beaucarne à Kissinger dans les années septante. Près de 30 ans après je voudrais rajouter un codicille ou un post-scriptum. 

Mon cher Heinz, puis que tel est ton prénom toi qui est né en 1923 en Allemagne au cœur de l’Europe. Donc Heinz (ou Henry), je viens te parler de ton ami Augusto. Tu l’as peut être oublié, mais c’était ton ami, en fait quelqu’un à qui on a donné un jour un sacré coup de main.

Tu sais, Heinz, Augusto est mort le 10 décembre à 91 ans. Il est mort sans passer devant la justice, pourtant il avait du sang sur les mains. Tu me diras, c’est pas le seul, mais lui le monde entier l’a vu quasiment en direct.

Certains ont soupçonné que les autorités américaines aient été sinon impliquées du moins informées de ces exactions. Juan Guzmán Tapia, un juge, a même demandé en vain dès juillet 2001 de t’interroger comme témoin dans le cadre d’une enquête sur l’assassinat d’un journaliste américain. Il est vrai que l‘hostilité des États-Unis au gouvernement Allende ne faisait aucun doute vraisemblablement en raison du précédent du régime de Castro. Là aussi, c’est la « faute à Fidel » comme dit la fille Gavras.

 Peut être te demandes tu pourquoi je m’intéresse à une histoire de plus de 30 ans dans un pays qui est soit-disant le premier de la classe de toute l’Amérique Latine. En fait, j’avais 15 ans en 1973 quand un président démocratiquement élu a été poussé au suicide par un putsch militaire. Tu te souviens, 15 ans, c’est l’age que tu avais quand ta famille a quitté l’Allemagne pour ne pas avoir à porter l’étoile jaune et fuir les persécutions nazies.

Published in: on 12 décembre 2006 at 10:00  Laisser un commentaire