De Roncevaux au Quai d’Orsay

Kouchner, le nouveau patron du quai d’Orsay, a du pain sur la planche. Il faut dire qu’on ne va pas le plaindre avec l’ouverture sarkoprésidentielle « à gauche », il avait qu’à rester dans son camp. En fait son camp est surtout médiatique comme en Somalie avec sac de riz sur l’épaule.

Notre diplomate tiers-mondiste et deuxtiers-mondain aura t’il à croiser à l’avenir l’inénarrable Hugo Chavez, président autoritaire du Venezuela. C’est pas sûr que ce soit dans les priorités kouchneriennes d’autant que le leader sud-américain ne doit guère goûter l’atlantisme et l’opportunisme de l’époux de Christine Ockrent.

Chavez n’est pas à une polémique près et le fait volontiers savoir. La dernière en date concerne Benoit XVI car récemment le président du Venezuela a demandé au souverain pontife de présenter ses excuses aux Indiens d’Amérique pour avoir affirmé que la foi catholique n’avait pas été imposée aux populations indigènes d’Amérique latine.Hugo Chavez a aussi accusé le pape de vouloir occulter les massacres perpétrés par les Européens lors de leur arrivée en Amérique en affirmant : « Comment peut-il dire qu’ils sont venus évangéliser sans aucune forme d’imposition, alors qu’ils étaient armés d’arquebuses » .

Benoît XVI lors du discours d’ouverture de la 5e conférence générale de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes au Brésil avait affirmé que « l’annonce de Jésus et de son Évangile n’a comporté à aucun moment une aliénation des cultures précolombiennes et n’a pas imposé une culture étrangère ». Le bouillant Chavez a terminé son allocution en indiquant qu’il n’était pas étonnant que l’Église catholique perde de plus en plus d’adeptes en Amérique latine avec des déclarations semblables de son plus haut représentant.

Les campagnes de christianisation dans l’histoire n’ont pas été forcément des réussites comme l’épisode de Roncevaux du temps de Charlemagne. Le célèbre empereur confondait l’expansion du royaume franc et celui de la foi chrétienne dans une démarche de propagation forcée du christianisme.

 L’histoire arrangée et la chanson de geste a retenu et rapporté que le massacre des chevaliers francs avait été perpétré par les Sarrasins en fait il s’agissait sans doute des Vascons (ou plutôt des basques) avec la complicité indispensable du fameux comte Ganelon. Ganelon a ainsi gagné une place de choix dans la liste des âmes noires les plus haïes. Pour cette raison, il est d’une certaine manière devenu l’archétype du félon ou du traître.

Dans le domaine de la traîtrise, Ganelon et Judas viennent d’être dépassés par l’improbable secrétaire d’état Eric Besson venant du diable-vauvert et du staff de Ségolène par la même occasion.

Pour revenir à Charlemagne et ses francs, le franchissement d’une chaîne de montagne telle que les Pyrénées n’est pas aisé pour une armée surtout étirée en longueur. L’empereur à la barbe fleurie commande l’avant de l’armée ; l’arrière-garde est sous les ordres de son neveu Roland secondé par son sage conseiller et ami Olivier. Malheureusement, ils sont trahis par le comte Ganelon qui permet aux Sarrasins (en fait les bergers basques)  de tendre une embuscade aux troupes franques au col de Roncevaux. Selon le jugement de Dieu, Ganelon, déclaré coupable de félonie, est condamné être écartelé à quatre chevaux.

Maintenant les temps ont bien changé. Sarkozy n’est pas Marsile, le roi musulman de Saragosse, et Benoît V n’est pas Paul III, le pape de la controverse de Valladolid mais un traître est toujours un traître même sarkocompatible.

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Published in: on 21 mai 2007 at 3:37  Comments (1)  

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  1. C’est un peu réchauffé mais si le vrai con est maltais… ou malté… sans faire injure à nos amis écossais, en 787, l’empereur de 28 ans n’était pas un vieillard à la barbe fleurie, il n’était d’ailleurs même pas empereur, il lui faudra attendre 23 ans, de nombreuses conquêtes, pour élever son petit royaume germanique, du peuple franc, en empire.

    Quand au comte Ganelon il ne pouvait pas plus avoir trahi son roitelet, pour la bonne raison qu’il est né un siècle plus tard, qu’il n’était pas comte mais confesseur, et qu’il servit le petit fils de Charlemagne, le Charles le Chauve.

    Quand à Judas, il commence à se dessiner un certain consensus parmi les théologiens et les éxégètes, pour considérer qu’il n’était pas traître à Jésus, mais qu’il en était au contraire l’homme de confiance auquel ce dernier donnait les missions les plus délicates, et qui servait d’intendant à toute la troupe des disciples qui suivaient leur maître de villages en villages.
    C’est d’ailleurs l’ordre que lui intime Jésus d’exécuter une dernière mission de confiance, la plus difficile de toute, qui vaudra à Judas, le fidèle d’entre les fidèles, au geste désespéré qu’on lui connait.
    On sait aussi aujourd’hui que Jésus avait six frères et sœurs, et que l’un d’entre eux s’appelait Judas… Judas l’iscariote, le résistant à l’occupation romaine, qui espérait que son frère lèverait une armée contre l’occupant.


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