Go green

Le week-end a été très vert dans l’ensemble. Tout d’abord à Dublin où les diables verts ont obtenu une victoire historique sur les ennemis anglais. A Dublin dans l’antre de Croke Park, le symbole de l’indépendance irlandaise, le XV de la Rose a affiché toutes ses carences face à une formation qui rivalisait dans l’impact physique et dans la discipline. Les percussions répétées d’un pack anglais en manque de puissance et d’une ligne de trois-quarts à la créativité désastreuse n’ont pas suffi. A sept mois de la Coupe du monde, le temps presse pour l’équipe actuelle détentrice du trophée de l’ovale planétaire. Dans ce contexte, la venue de la France, dans quinze jours à Twickenham, sera donc capitale.

 

Samedi soir à la cérémonie des Césars, Yann Arthus-Bertrand remet le César à Karl Zéro et Michel Royer pour « Dans la peau de Jacques Chirac », premier documentaire primé en France. Au préalable, il a imploré la profession cinématographique française d’être plus écologiste et de s’engager dans le combat pour l’environnement.

La veille, il avait fait une déclaration écologisante surprenante, lui, le photographe connu pour avoir dirigé une réserve animalière en Afrique en déclarant que « les troupeaux d’éléphants sont toujours dirigés par une femelle » et qu' »à chaque fois que de vieux éléphants se perdaient dans la nature, ils retrouvaient leur troupeau grâce à des femelles » (sic).


 

Pour rester dans le cinéma, l’édition 2007 de la remise des Oscar a été marquée par une conversion à l’écologie et des paillettes colorées en vert. Au cours de la cérémonie, l’ancien vice-président Al Gore, nouveau chantre de l’environnement, a annoncé que, pour la première fois, les Oscars étaient devenus verts. Avec l’aide du Natural Resources Defense Council, une O.N.G. de défense de l’environnement, les producteurs de la soirée « ont appris qu’il était facile (et souvent économique) de faire de petits changements pour réduire l’empreinte écologique d’Oscar ». Dans une rubrique baptisée « Go Green » (Soyons verts), le site Internet des Oscars donne des conseils pour soulager l’environnement.

Ce qui est inédit, c’est d’entendre un acteur de la stature de Leonardo DiCaprio lancer un appel à consulter le site Internet des Oscars pour lire ces conseils, divisés en six chapitres, pour soulager l’environnement du poids de la consommation.

  • Save Energy on the Road (Économisez l’énergie sur la route);
  • Save Energy at Home (Économisez l’énergie à la maison);
  • Save Resources at Home (Économisez les ressources à la maison);
  • Save Resources at Work (Économisez les ressources au travail);
  • Conserve Water (Conservez l’eau);
  • Support Organic & Sustainable Farming (Encouragez l’agriculture biologique et durable).

L’appel écolo lancé par Leonardo DiCaprio a-t-il été réellement entendu par le milliard de personnes rivées à leur écran de télévision pour voir la 79e remise des Oscars ? On peut en douter dans un pays qui n’a toujours pas ratifié Kyoto.

Published in: on 26 février 2007 at 11:28  Laisser un commentaire  

Mémoire et breloques

« Certains témoins mentionnent qu’aux derniers jours du procès de Maurice Papon, la police a empêché un clown de rentrer dans la salle d’audience. II semble que ce même jour, il ait attendu la sortie de l’accusé et l’ait simplement considéré à distance sans chercher à lui adresser la parole. L’ancien secrétaire général de la préfecture a peut-être remarqué ce clown mais rien n’est moins sûr. Par la suite l’homme est revenu régulièrement sans son déguisement à la fin des audiences et aux plaidoiries. À chaque fois, il posait sur ses genoux une mallette dont il caressait le cuir tout éraflé. Un huissier se souvient de l’avoir entendu dire après que le verdict fut tombé :– Sans vérité, comment peut-il y avoir de l’espoir ? »

C’est par cet extrait évoquant un pseudo fait réel lors du procès de Bordeaux en 1998 que s’ouvre le roman « Effroyables Jardins » de Michel Quint paru en 2000.

En 1984, soit seize ans avant, l’écrivain Didier Daeninckx publie le roman « Meurtres pour mémoire » qui relate la dérive sanglante de la manifestation FLN d’octobre 1961 et évoque Papon sans le nommer. Dans la nuit du 17 octobre 1961, plus de 11 000 arrestations sont opérées, les manifestants (plus de 200) sont battus, torturés, assassinés, jetés dans la Seine. Un crime qui ne sera reconnu que quarante années plus tard.

Lorsque Daeninckx écrit « Meurtres pour mémoire », l’affaire Papon a déjà éclaté en 1981, mais elle est loin d’avoir le retentissement qu’elle aura par la suite. Pendant les seize ans de la procédure, l’ actualité en France va être rythmée par la difficile tenue du procès Papon. Ce roman policier a été l’un des éléments de la prise de conscience en France de ce problème posé par Papon en 1942 et dans les années 60. On peut dire que ce livre a pesé politiquement sur la façon dont les Français ont été obligés de regarder leur histoire en face.

En clair, nous avons perdu cette semaine un personnage romanesque qui finit aujourd’hui avec une misérable polémique médiatique à propos de la légion d’honneur placée ou non dans son cercueil. Le vrai roman de l’ancien secrétaire général de la préfecture de Gironde sera d’être le symbole de la complicité de certains hauts fonctionnaires français avec le régime nazi durant l’occupation allemande. Condamné en 1998 à 10 ans de prison pour « complicité de crimes contre l’humanité » pour son rôle dans la déportation des juifs et en fuite en Suisse, il n’a été arrêté qu’en 1999. M. Papon n’a purgé que trois ans de sa peine, car il a été libéré pour raisons de santé.

Pour beaucoup de monde et notamment d’algériens, un criminel s’en est allé dans l’impunité avec ou sans breloques. Tous les romans, tous les procès ne peuvent avoir qu’un seul but ultime: la recherche de la vérité, de la justice et de la mémoire.

Published in: on 22 février 2007 at 7:20  Laisser un commentaire  

Le vice et la vertu

Nous avons déjà eu l’occasion de parler de mathématiques dans ce blog. Nous avions parlé d’algèbre avec Sarkozy. Parlons maintenant de géométrie avec Mme Royal. Pendant longtemps, la référence en matière de géométrie politique était Pierre Dac avec son célèbre aphorisme :  « le carré de l’hypoténuse parlementaire est égal à la somme de l’imbécillité construite sur ses deux côtés extrêmes ».

La candidate socialiste avait commencé son discours de Villepinte par parler du poids de la dette. Donc, pour tout candidat, faire un programme ambitieux en connaissance du service de la dette relève réellement de la quadrature du cercle. La quadrature du cercle fait partie des trois grands problèmes classiques de l’Antiquité, avec la trisection de l’angle et la duplication du cube. Dans des textes anciens, le scribe égyptien Ahmès et le grec Anaxagore de Clazomènes proposaient déjà une solution approchée du problème. Le problème consistant à construire un carré de même aire qu’un cercle donné à l’aide d’une règle et d’un compas a occupé de nombreux mathématiciens aux cours des siècles. Ce problème est resté populaire et de nombreux quadrateurs amateurs envoient encore aujourd’hui de fausses preuves aux académies scientifiques.

La prestation de Ségolène Royal lundi soir dans l’émission « J’ai une question à vous poser » sur TF1 était vraiment déterminante. La candidate socialiste, en baisse constante dans les sondages, devait convaincre les indécis. Les commentaires comme toujours sont variés selon la place sur l’échiquier politique. L’ancien ministre UMP François Fillon aurait jugé « ennuyeuse » l’intervention de la candidate socialiste et estime qu’elle « tourne en rond » en déclarant qu’ elle a inventé une nouvelle figure géométrique : le cercle vertueux.

Il est vrai qu’elle a ponctué régulièrement son discours des expressions « gagnant-gagnant » et « cercle vertueux ». Ceci vient sûrement en complément de l’ «ordre juste ». Un cercle vertueux est un ensemble de cause à effet qui améliore le système entier. Le cercle vertueux est essentiellement utilisé en économie, par exemple : « économiser rend riche, être riche permet d’économiser plus » etc. Cette image, inverse d’un cercle vicieux, est cependant parfois invoquée pour illustrer une pensée psychologique ou philosophique. 

N’oublions pas que l’actuel locataire de l’Elysée s’appelle Chirac. Après le chant du cygne du sommet franco-africain nous avons eu droit mardi au congrès de Versailles avec trois modifications constitutionnelles qui concernent le statut pénal du chef de l’État, l’abolition de la peine de mort et la suppression du droit de vote  à certains aux élections provinciales de Nouvelle-Calédonie. L’histoire dira si un cercle vertueux a remplacé le cercle vicieux qui caractérise le septennat et le quinquennat chiraquien (dissolution de 1997, 21 avril 2002 et 29 mai 2005).

Published in: on 20 février 2007 at 12:05  Comments (1)  

Tarzan se délocalise

Les hommes politiques ont toujours eu un rapport plus ou moins étroit avec le sport et le monde sportif. On se souvient lors de la Coupe du monde en 98 des approches respectives de Chirac et Jospin : Jospin, l’ancien basketteur, aime le sport et Chirac, plus populiste, aime les sportifs. Aujourd’hui, les deux principaux candidats font en campagne des déclarations sur le sport et notamment sur la jeune tête de file qu’est Laure Manaudou.

Sarkozy concernant les « sports stratégiques » parle de créer pour eux des centres de recherche et de développement disposant des meilleurs chercheurs, des meilleurs équipements et des meilleurs entraîneurs. Pour lui, les succès d’Emilie Le Pennec en gymnastique et de Laure Manaudou en natation, deux disciplines phares de l’Olympisme, sont encourageants et doivent être consolidés.

A Libourne, le groupe Arena, qui a acheté l’image de Laure Manaudou, a décidé que la délocalisation en Chine de son site de production apporterait des dividendes supplémentaires aux actionnaires. Après annonce du départ par le groupe, les salariés se mobilisent pour refuser ce diktat. Ségolène Royal, elle, décide de soutenir les salariés et demande à la direction du groupe un moratoire d’un an – minimum…


Né en 1904, Austro-Hongrois, ancien champion olympique américain, Péter János Weissmüller dit Johnny Weissmuller est mort en 1984 à Acapulco au Mexique.

Le petit village de Medja, à la frontière entre la Serbie et la Roumanie, veut ériger une statue à la mémoire de Johnny Weissmüller, le plus célèbre acteur à avoir incarné le rôle de Tarzan au cinéma, et qui vient de la région. Les habitants de Medja ont été inspirés par la décision d’un autre village de Vojvodine, Zitiste d’ériger une statue présentant le boxeur Rocky Balboa, le célèbre personnage de cinéma incarné par l’acteur américain Sylvester Stallone, afin de conjurer le mauvais sort.
Pour les habitants, l’initiative était avant tout motivée par la volonté de marquer un détail intéressant de l’histoire du village. La maison où Weissmüller est né existe encore, une cousine Weissmüller, Tereza Stojanovic, est encore vivante et vit à Belgrade alors que plusieurs membres de la famille ont été enterrés au cimetière de Medja.

Une des particularités de Johnny Weissmuller était de nager le crawl avec la tête en dehors de l’eau, méthode totalement abandonnée depuis. Laure Manaudou, elle, utilise un battement atypique des jambes (elle ne les sollicitent quasiment pas).

Les ouvrières d’Arena ont vu partir leur outil de travail en Chine, le jeune Péter János est devenu citoyen américain et champion olympique en traversant l’Atlantique, Laure a quitté Fontainebleau pour nager en Roussillon et les habitants des Balkans accueillent Tarzan. La délocalisation décidément on la trouve partout.

Published in: on 17 février 2007 at 9:19  Laisser un commentaire  

Une campagne fleurie

Des biologistes britanniques spécialistes des changements climatiques sur la biologie ont constaté que le réchauffement de la planète provoquait une éclosion précoce des fleurs au printemps. Les chercheurs de l’Université de York ont observé que la date d’éclosion de 385 espèces de fleurs a varié de 4,5 jours à 15 jours depuis 10 ans.

Pour rester dans les fleurs, ces jours-ci, le ministre-candidat a fait un déplacement électoral dans l’île de la Réunion. Comme dans beaucoup d’endroits des D.O.M., il a été accueilli avec des fleurs. Espérons qu’il ne s’est pas pris pour un être d’essence divine car autrefois, on faisait des offrandes de fleurs aux divinités et les femmes offrent encore des couronnes de fleurs en signe de bienvenue.

Les fleurs sont présentes dans la politique mais aussi dans la religion et les mythologies — les roses de la Vierge, le lotus de Nefertoum ou de Brahmâ — et servent de symbole — le lys pour la monarchie, la rose pour Mitterrand et les socialistes.

Les fleurs ont une symbolique particulière, chacune a sa propre signification et si aujourd’hui on choisit souvent les fleurs d’un bouquet en fonction des couleurs ou des odeurs, certains connaissent encore le sens accordé à chaque fleur.

Depuis longtemps, la rose, fleur la plus cultivée au monde, possède une symbolique forte. Dans la mythologie grecque, on dédiait la rose à Aphrodite ; chez les Romains, on la dédiait à Vénus, toutes deux déesses de la beauté. La rose est certainement la fleur préférée des Français et donc celle qui s’offre le plus.

Sous le règne de Louis XIV, la tulipe était la fleur officielle de la cour et vers 1700 on la trouve principalement en Turquie. Aujourd’hui, la tulipe, véritable blason des Pays-Bas,
constitue une production de plusieurs milliards de dollars et attire des millions de visiteurs tous les ans au moment de sa floraison.

L’œillet, symbole de l’amour ou paradoxalement pour beaucoup du mauvais sort, a marqué politiquement le Portugal lors la  » révolte des œillets  » contre la dictature de Caetano en 1974.

Dans le langage des fleurs, le coquelicot incarne l’« ardeur fragile ». Le coquelicot est associé dans les pays du Commonwealth au souvenir des soldats tombés lors de la Première Guerre mondiale. Cette allégorie du coquelicot découle du poème « Flanders Fields » datant du printemps 1915. Les coquelicots fleurissaient dans les pires champs de bataille de la Somme et des Flandres, et leur couleur rouge est un symbole approprié pour le bain de sang de la guerre de tranchées.

En fait le coquelicot serait un indicateur naturel de mauvaise santé de la terre, et c’est peut être ce message paradoxal que veulent faire passer les partisans de José Bové avec sur l’affiche, un coquelicot et un slogan : «Osez Bové». Le coquelicot est une fleur sauvage, un indicateur de pollution.

Le coquelicot c’est aussi cette fleur sauvage de couleur rouge et noire qui flétrit dès qu’on l’arrache à sa liberté. Pour un candidat qui risque de finir sa campagne derrière les barreaux d’une prison, il fallait oser.

Published in: on 16 février 2007 at 1:17  Laisser un commentaire  

Bloody sunday ?

Ségolène Royal a (enfin !) présenté dimanche son programme politique devant 8000 partisans à Villepinte, en banlieue parisienne. Dans ce « pacte présidentiel », Ségolène Royal présente cent propositions à caractère social. Elle propose notamment de hausser « le plus tôt possible » le salaire minimum mensuel de 1254,28 euros à 1500 euros. Le programme de Mme Royal comprend aussi des mesures pour augmenter la construction de logements sociaux et pour assurer une sécurité de logement à tous. Le programme de Ségolène Royal comprend aussi des mesures plus polémiques, comme la révision de la carte scolaire « pour lutter contre les ghettos », la mise en place de centres éducatifs, si besoin avec encadrement militaire pour les jeunes délinquants ou encore la création de jurys de citoyens pour « introduire la démocratie participative dans toutes les collectivités publiques ». En tout, 100 propositions qui sont le résultat d’un grand processus de consultation à travers toute la France au cours des trois derniers mois, les fameux « débats participatifs ».

Nicolas Sarkozy a réuni ses comités de soutien en annonçant des ralliements de personnalités (dites de gauche ou dites centristes) voulant montrer ainsi sa capacité à rassembler en proposant un « pacte républicain » à « tous les Français », au moment même où sa rivale Ségolène Royal présentait son « pacte présidentiel ».
La vraie campagne est lancée, pacte contre pacte ce dimanche pendant que Drucker accueillait Bernadette Chirac sur son canapé rouge.

Ce dimanche fut aussi l’occasion d’un autre affrontement, non pas pacte contre pacte mais pack contre pack. Le premier match du quinze d’Irlande hors de son stade de Landsdowne Road, dimanche 11 février à Dublin, ne lui a guère porté chance. Les joueurs français ont gagné de trois points, sur un essai marqué par l’ailier français Vincent Clerc, à seulement deux minutes de la fin d’une partie aprement disputée.
Croke Park, temple des sports gaëliques, est une impressionnante arène mais complètement inhabituelle pour les amateurs de rugby qui ne connaissaient que le mythique Landsdowne Road. Il existe en Irlande un vrai débat autour de l’utilisation de ce stade uniquement pour les sports gaéliques. Les autres sports en sont strictement exclus. Une règle interne à l’organisation excluait jusque dans les années 1970 le football, le rugby et le cricket parceque sports anglais. Depuis peu, il a été autorisé exceptionnellement la pratique (pour les matches internationaux uniquement) du football et du rugby, ces deux sports se trouvant sans stade à cause de la rénovation de Lansdowne Road d’où le match du 11 Fevrier 2007.

Pour les patriotes irlandais, ce stade a un supplément d’âme d’où l’émotion palpable lors des différents hymnes. En effet, le 20 novembre 1920, Croke Park fut le théâtre d’un massacre exécuté par des paramilitaires auxiliaires de la police britannique entrés dans le stade pendant un match de football gaëlique entre Dublin et Tipperary et qui ont tiré en représailles dans la foule, tuant 14 personnes . Ces évènements, sont connu en Eire sous le nom de Bloody Sunday.
Pour qui de Ségo ou Sarko le dimanche 22 avril sera un Bloody sunday ?
D’ici là, souvenons de U2.
i can’t believe the news today
i can’t close my eyes and make it go away
how long. how long must we sing this song?
how long?
tonight we can be as one. tonight
broken bottles under children’s feet
bodies strewn across a dead end street
but i won’t heed the battle call
it puts my back up. puts my back up against the wall
sunday. bloody sunday

Published in: on 11 février 2007 at 9:30  Laisser un commentaire  

Partout où il y a injustice

Aux États-Unis, la cour martiale a annulé pour vice de forme le procès concernant le premier officier à avoir refusé de partir en Irak parce qu’il considérait la guerre illégale. Ehren Watada qui risque jusqu’à 4 ans de prison, comparaissait devant une cour martiale et avait plaidé non coupable à deux des chefs d’inculpation pesant contre lui. Estimant que ce conflit était illégal parce que l’administration Bush avait menti sur les motivations de l’invasion du pays, M. Watada avait demandé en vain à démissionner de l’armée ou à être envoyé en Afghanistan. Le juge avait cependant refusé que la légalité de la guerre soit évoquée au procès, estimant que cette question n’était pas du ressort du judiciaire.

Le directeur de Charlie-Hebdo, Philippe Val, s’est présenté au premier jour du procès intenté par les organisations musulmanes pour la publication de caricatures de Mahomet en février 2006, avec une lettre de soutien du ministre de l’Intérieur et candidat à la présidence, Nicolas Sarkozy. Philippe Val avait prévenu que le procès des caricatures « serait un procès politique! » et avait promis de faire citer un cénacle de personnalités à la barre de la défense dont François Hollande, François Bayrou, l’essayiste Abdelwahab Meddeb ou encore Antoine Sfeir.  Sarkozy, qui a souvent été la cible des caricaturistes de Charlie, dit dans sa lettre « préférer l’excès de caricatures à l’absence de caricature », et défend l’hebdomadaire au nom de la « liberté de sourire de tout » en évoquant « la tradition de la satire » en France.

 La condamnation de José Bové, candidat à la présidentielle, à 4 mois de prison ferme a été rendue définitive mercredi par la Cour de cassation qui a rejeté son pourvoi, et son incarcération dépend maintenant d’une prochaine décision d’un juge d’application des peines. En novembre 2005, la cour d’appel de Toulouse avait condamné José Bové à quatre mois de prison ferme pour un arrachage de maïs O.G.M.  en 2004.  Il appartiendrait  désormais au juge de l’application des peines (JAP) de décider des modalités de l’exécution de la peine. José Bové a affirmé qu’il « refuserait » un dispositif comme le port d’un bracelet électronique ou le régime de semi-liberté « pas acceptable ». Il a aussi déclaré à la presse qu’il serait « peut-être le premier prisonnier politique à être en même temps candidat à l’élection présidentielle » et qu’il ne demanderait pas d’aménagement de sa peine. 

 

 Nous sommes à la croisée des chemins, n’oublions pas que les valeurs essentielles défendues par les hommes des Lumières dans toute l’Europe étaient la tolérance, la liberté et l’égalité.

« Partout où il y a injustice, il y a aussi des actes injustes (mais partout où des actes injustes sont commis, il n’y a pas forcément injustice) ; et qu’est-ce qu’agir injustement ?»
Ainsi s’exprimait Aristote dans « Ethique à Nicomaque ». Espérons que ces phrases résonnent aux oreilles différentes des juges de ces procès « politiques ».

Published in: on 8 février 2007 at 4:05  Laisser un commentaire  

Le théorème de Sarkozy

Connaissez-vous le théorème de Sarkozy ? Je dois vous préciser qu’il s’agit d’un mathématicien hongrois (et oui !!) qui dirige le département d’ Algèbre et de théorie des Nombres à l’Université Eotvos Lorand à Budapest. Il est l’auteur depuis 1985 d’une démonstration qui porte depuis son nom. Pour être honnête, je n’ai pas vraiment compris de quoi cela retourne,  il semble que ce soit une solution partielle à la conjecture d’Erdős avec une pincée de coefficient binomial. On dirait un discours de Rocard lu par Balladur et comme disait Coluche : on se perd en conjectures.

 Effectuons un retour sur les fondamentaux, un théorème est une proposition qui peut être mathématiquement démontrée, c’est-à-dire une assertion qui peut être établie comme vraie au travers d’un raisonnement logique construit à partir d’axiomes. Un théorème – une fois démontré – est ensuite considéré comme vrai et il peut alors être utilisé pour démontrer d’autres propositions. Selon leur importance ou leur utilité, les autres assertions peuvent prendre des noms différents : lemme, corollaire, proposition, remarque ou conjecture. N’importe quelle affirmation démontrée est appelée un théorème.

En janvier dernier, l’ensemble des médias a reçu par courriel des détails non sollicités de la fortune personnelle de Ségolène Royal. On y apprenait qu’elle est notamment propriétaire d’une villa de la Côte d’Azur évaluée à 1 million d’euros. L’information s’est répandue comme une traînée de poudre et a poussé la candidate à dévoiler publiquement son patrimoine. Les autres candidats ont emboîté le pas. Le Canard enchaîné  a affirmé, se basant sur des fuites policières, que cette information provient d’une enquête des Renseignements généraux. Les 3800 policiers des R.G., vestige de la police politique de Napoléon,  réunissent des centaines de milliers de dossiers de renseignement sur des individus. Or la police est sous l’autorité du ministre de l’Intérieur, principal rival de Ségolène Royal dans la course à la présidence. C’est donc au tour du candidat de la droite d’être la cible de ses adversaires.

Nicolas Sarkozy a nié toute responsabilité et toute enquête sur sa rivale. Des spécialistes du renseignement estiment peu plausible que le ministre de l’Intérieur soit assez naïf pour commander une telle enquête relevant d’ une méthode aussi grossière, qui est aussitôt retranscrite dans les médias. Malgré tout, Le Canard enchaîné campe sur sa position et les socialistes réclament pour leur part la démission du ministre de l’Intérieur.

Nicolas Sarkozy fait donc face à un dilemme: plus il reste longtemps ministre de l’Intérieur, plus les accusations d’abus de pouvoir vont se multiplier à son endroit comme la question du scooter d’un des fils de Sarkozy retrouvé après une enquête tonitruante faisant appel à l’ADN, le nec plus ultra en matière de police scientifique.

 Donc l’affirmation de dire que s’il devance sa sortie, il donnera l’impression d’avoir cédé devant ses adversaires et que s’il reste c’est pour avoir accès à tous les fichiers en tout genre, c’est un théorème ou une conjecture ?  

Published in: on 5 février 2007 at 4:05  Comments (1)  

Une statue sur le Larzac

L’architecte Oscar Niemeyer, bien connu pour avoir dessiné Brasilia, la capitale futuriste du Brésil, envisage d’ériger une statue monumentale de 100 mètres évoquant le héros sud-américain Simon Bolivar pointée en direction des Etats-Unis. Cette statue doit surplomber Caracas en honneur de l’idole d’Hugo Chavez. Chavez, qui a changé le nom du pays en République bolivarienne du Venezuela et qui cite le Libertador dans presque tous ses discours, a indiqué que le projet placé sur la montagne d’Avila tendrait à rappeler le contexte crée par la statue du Christ de Corcovado face à la baie de Rio de Janeiro.

Lors d’une visite de Chavez au Brésil, Niemeyer a, à 99 ans, offert ses services pour construire la statue qui serait plus grande que la statue de la Liberté à New York. Bolivar est habituellement dépeint brandissant une épée sur un cheval, mais Niemeyer a indiqué qu’il ne montrera pas sa statue à personne avant que Chavez ne la voit.

Décidément, la figure de Bolivar n’ a pas fini de gagner du terrain en Amérique du Sud notamment avec l’alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), organisation politique, sociale et économique pour promouvoir la coopération dans la région. Cette initiative lancée par Chavez semble recevoir le soutien du bolivien Evo Morales,   ainsi que de Fidel Castro. Le 16 janvier 2007, Ortega et Correa, les nouveaux dirigeants du Nicaragua et d’Equateur annoncent de concert leur intention de participer à l »alternative bolivarienne pour les Amériques ».

En France, il y a un à qui ses nombreux adversaires ne vont pas tarder à lui reprocher ses fréquentations d’Amérique du Sud comme Morales ou Chavez, c’est José Bové.

Les Verts attendaient Nicolas Hulot sur leur droite, Marie-George Buffet le croyait sorti par la grande porte des collectifs unitaires. José Bové est revenu grâce à internet et un appel en sa faveur ayant recueilli plus de 30 000 signatures en trois semaines. Ce succès l’a convaincu de revenir dans la course à la présidentielle. Le 1er Février 2007, José Bové se déclare candidat à la présidence de la république à la bourse du travail de Saint-Denis (93) avec comme slogan de campagne : »Un autre monde est en marche ». L’objectif de José Bové est d’incarner une vraie alternative de Gauche et de couvrir l’arc-en-ciel qui va du rouge au vert avec un programme, qui entend répondre à la fois à l’urgence sociale, au « vivre ensemble », à l’expression citoyenne des exclus du système, à l’écologie et à l’antilibéralisme.

Histoire de pimenter l’aventure, l’ancien syndicaliste paysan risque toutefois de devoir piloter sa campagne depuis une cellule de prison car il est sous la menace d’une nouvelle incarcération pour un fauchage de champ de maïs transgénique en 2004.

Niemeyer envisage-t’il une statue de Bové avec sa pipe sur le Larzac ? Je suis pas sûr que Ségo et Sarko en soient enchantés.

Published in: on 1 février 2007 at 6:14  Comments (1)