Ombres et lumières des diamants

Noël arrive avec son cortège de mille éclats. Qui dit éclat, dit aussi diamants. Même si cela n’a pas grand chose à voir avec la tradition un grand magasin japonais propose un gâteau de Noël au chocolat décoré de véritables diamants. Ce gâteau exposé jusqu’au 25 décembre, haut de 35 cm et glacé avec quelque cent gemmes, soit environ 50 carats, est vendu 100 millions de yens (645.200 euros) hors taxes.

“Diamonds are a girl’s best friends ! » Et oui, c’est l’inoubliable Marilyn qui nous susurrait que les diamants sont les meilleurs amis de la femme. Mais c’est aussi le meilleur ennemi de l’homme puisque les ONG comme Amnesty ou Oxfam parlent depuis quelque temps des « diamants de la guerre » essentiellement sur le continent africain.

L’Afrique centrale est devenue le théâtre d’un «nouveau type de guerre» où le déploiement et l’activité des armées nationales sont purement orchestrés en fonction de l’exploitation commerciale des mines de diamants. Les diamants forment une économie parallèle et criminalisée de plusieurs milliards de dollars avec une commercialisation passant par des circuits compliqués et le travail artisanal de milliers de revendeurs et de « petites mains ». L’extraction alluviale du diamant nécessite peu ou pas de moyens techniques contrairement au cuivre ou au pétrole induisant des moyens d’envergure industrielle. La communauté internationale a pris conscience, à la fin des années 90, de l’existence d’un trafic illicite de diamants en Afrique. Des groupes rebelles agissant en Sierra Leone, en Angola ou en République Démocratique du Congo (RDC) utilisent notamment la réquisition forcée de mines pour acheter des armes et maintenir des conflits sanglants dans la région.

En 2002, le gouvernement du Botswana a violemment expulsé les Bushmen de leur territoire dans le Kalahari central où la compagnie De Beers mène des prospections diamantifères. Les Bushmen avaient appelé au boycott de ces diamants tant qu’ils n’étaient pas autorisés à retourner sur leur territoire. Ils viennent de remporter une victoire juridique et vont pouvoir se réinstaller sur la terre de leurs ancêtres. Les Bushmen avaient, au préalable et par l’entremise du célèbre magazine américain Variety, lancé un appel désespéré à Leonardo di Caprio vedette du film ’The blood diamond’. « Des amis nous ont dit que vous jouez dans le film « The blood diamond » qui montre à quel point les diamants peuvent faire souffrir. ».

Ce film qui sort en France le 31 janvier 2007 pourrait, à l’instar du film « Indigènes » avec les pensions militaires des tirailleurs africains, avoir une incidence politique et représenter une menace à long terme pour l’industrie du diamant en jouant sur les inquiétudes des consommateurs. L’une des ripostes des diamantaires est de mettre en lumière le Processus de Kimberley, mandaté par l’ONU, dont le but de mettre en place un Système de certification (SCPK) qui authentifie la provenance licite et éthique des diamants.

Joyeux Noël aux Bushmen. Merci pour eux à Leonardo. Merci pour tout, Marilyn

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Published in: on 18 décembre 2006 at 5:41  Laisser un commentaire  

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