L’Afrique décoince la bulle

Depuis peu, les bandes dessinées d’auteurs africains s’exportent et sont même primées dans des rencontres internationales prestigieuses. Dans un même temps, sur le continent, le nombre de lecteurs demeure restreint car  la bande dessinée africaine ne peut se développer durablement sans une production locale solide malgré le fait que la BD est un des média les plus populaires,.

Depuis le 15 novembre à New-York a été donné le coup d’envoi de la première exposition organisée aux Etats-Unis exclusivement dédiée à la bande dessinée africaine, « Africa Comics ». Trente cinq artistes originaires de tout le continent, de Madagascar à l’Angola en passant par le Nigeria, sont représentés au Studio Museum à Harlem en partenariat avec une O.N.G. italienne Africa e Mediterraneo”.

Les organisateurs indiquent qu’il y a une nouvelle génération d’auteurs africains avec une grande préoccupation pour les matières sociales et politiques : corruption, droits humains, émigration et question féminine. A ce titre, on peut noter par exemple le travail du sénégalais Samba Ndar Cisse avec « Oulaï. Pour que cesse l’excision » ou du  Sud-Africain Anton Kannemeyer avec « Joe Dog » une satyre du racisme parodiant « Tintin au Congo ».

« Tintin au Congo », parlons-en ! Je l’ai lu comme beaucoup dans l’enfance. Il est vrai que c’est difficilement lisible aujourd’hui pour un adulte citoyen avec le prisme du 21ème siècle. L’image qui est véhiculée dans cet opus est vraiment conforme au malaise qu’ont ressenti nombre de personnes lors du débat concernant l’article 4 de la loi du 28 février 2005 traitant du « rôle positif » de la colonisation.

Hergé comme d’autres n’ont pas hésité à réduire les peuples colonisés à leur caricature. Cela participe aujourd’hui du même remords de « l’homme blanc » qui ne saisissait pas la cruauté du message « Y’ a bon Banania » derrière le délice d’un bon chocolat chaud.

L’Afrique a depuis les années cinquante vécut l’ère de la décolonisation.  Malheureusement demeure l’hypocrisie générale qui règne de notre société du spectacle, où l’on ne bronche guère quand des millions de gens crèvent de faim du Darfour à l’Ouganda.

Espérons que petit à petit, la BD étant un exemple comme un autre, l’Afrique puisse rentrer dans la cour des grands. Elle devra pour cela puiser son inspiration dans la rue ou la forêt, dans les histoires drôles ou inquiétantes colportées de bouche à oreille. Ce continent s’il doit être sauvé le sera par l’humour et/ou la magie.

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Published in: on 5 décembre 2006 at 12:17  Laisser un commentaire  

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