Eppur si muove

L’année se termine en roue libre.
Roue libre ? Ques aco ?
Un système mécanique peut fonctionner en roue libre, s’il est capable d’interrompre momentanément l’entraînement en rotation d’un organe entraîné qui peut néanmoins continuer de tourner librement (sic).

Ce système a été découvert par Harmon D. Moise qui l’a inventé en 1985 pour permettre au cycliste d’arrêter de pédaler en descente.

Merci à ce Moise là de pouvoir nous permettre de finir l’année en « roue libre ».  Et comme ne l’aurait jamais dit Galilée: « Et pourtant elle tourne » (Eppur si muove).
A l’année prochaine !

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Published in: on 29 décembre 2006 at 5:23  Comments (2)  

Prisme de Noël

Encore un Noël derrière nous. Mes réflexions actuelles sous le prisme de Noël me poussent à considérer le monde politique comme la crèche avec ses santons. Le plus difficile est la distribution des rôles, en français le casting. Dans le rôle de Marie, il y en a une qui a une longueur d’avance malgré ses quatre enfants. D’ailleurs beaucoup l’appellent déjà la madone du Poitou (ou des médias, ou des sondages). Pour le bœuf et l’âne, nous avons deux options avec deux paires différentes soit Fabius avec DSK, soit Jospin avec Chirac. Un qui est étiqueté depuis longtemps, c’est le ravi de la crèche, le bon Bayrou. Pour le rôle de Joseph, ça se bouscule un peu, mais ni Nicolas ni Jean-Marie n’ont l’altruisme pour tenir le rôle.Par contre, la où le casting est pléthorique c’est pour les rois mages. En effet, depuis début décembre, c’est un grand nombre de politiques qui ont fait des cadeaux. Les rois mages de Ségolène s’appellent Chevènement, Taubira et peut être Bové. Pour Nicolas, ce sont Boutin, Kaci et Johnny dans un contre-emploi. Même Le Pen a reçu de l’encens de la part du traître Mégret. Je ne sais pas qui sont les bergers mais j’espère que cela ne sera pas nous les moutons.

Revenons à Noël. Noël donc est une fête religieuse, les hypermarchés, les grands magasins ont tendance à l’oublier. Dans la foulée beaucoup oublient le message de départ. Le message chrétien est normalement un message d’amour.

Je dis normalement quand je vois ce qui s’est passé à Rome avec l’église catholique qui a refusé des funérailles religieuses à un paralysé italien qui est mort après que les médecins l’aient débranché de son appareil respiratoire.  Piergiorgio Welby, âgé de 60 ans,  souffrait de dystrophie musculaire depuis sa jeunesse, était confiné dans un lit sous assistance respiratoire et ne communiquait que par des mouvements oculaires. Il y a trois mois il avait écrit aux autorités italiennes pour obtenir le droit de mourir et un débat d’ampleur internationale avait été lancé. Après le refus de l’Eglise catholique, des centaines de personnes se sont rassemblées dimanche sur une place de Rome pour assister à ses obsèques civiles.  Le cercueil de Piergiorgio Welby est arrivé sous les applaudissements place Saint-Jean Bosco devant l’église paroissiale où sa famille avait initialement souhaité organiser la cérémonie.  Les obsèques civiles organisées par le Parti radical en présence d’Emma Bonino ont pris un tour de meeting politique ponctué par la musique de Vivaldi.

 Je ne comprends pas le message d’exclusion que l’église de Ratzinger a donné au monde entier à la veille de Noël. Souhaitons que néanmoins, que comme disait Saint-Exupéry, Piergiorgio soit mort en paix.

« Quand nous prendrons conscience de notre rôle, même le plus effacé, alors seulement nous serons heureux. Alors seulement nous pourrons vivre en paix et mourir en paix, car ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort. »

Published in: on 26 décembre 2006 at 9:46  Comments (3)  

Putain, deux ans ….

Cette semaine, nous avons appris une nouvelle renversante. Nous pensions depuis quatre cents ans que nous avions fait le tour du personnage. Et bien non, nous avons découvert que Alonso Quichano, el ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha, avait des enfants connus en français sous le nom des « enfants de Don Quichotte ». La première question que nous sommes en droit de nous poser est le nom de la mère. En effet, nous avons toujours considéré qu’il ne rencontra jamais, Dulcinée du Toboso, l’élue de son cœur à qui il avait pourtant juré amour et fidélité. Nous savions aussi que son influence était notable en Amérique du Sud sur des personnages comme Simon Bolivar ou l’actuel chef d’État vénézuélien Hugo Chavez.

Bien loin de la Mancha et de l’Amérique du sud, nous nous retrouvons en fin 2006 au bord du canal Saint-Martin avec le comédien Jean Rochefort qui avait failli joué le rôle de Don Quichotte (voir le film « Lost in la Mancha ») avec le réalisateur Terry Gillian. Le comédien fait une séance de rattrapage en passant une partie de soirée dans un campement mis en place pour des SDF par l’association « les enfants de Don Quichotte ». Cette jeune association met en place une centaine de tentes pour attirer l’attention sur le sort des sans-abris, les « rendre visibles » et réclamer des solutions d’hébergement durable. L’association invite également des « bien logés » solidaires à venir partager le quotidien des SDF.

Je ne sais pas si Don Quichotte créait de la polémique quand il fonçait sur les moulins à vent, en fait tout le monde le prenait pour un fou, mais ses enfants de 2006, eux en la matière, ont réussi leur coup. Catherine Vautrin, ministre délégué à l’Exclusion, s’en est pris aux « apprentis sorciers » en condamnant cette initiative et en rappelant que des places d’hébergement (800 places de «stabilisation», un programme d’hébergement 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24″ ) étaient toujours disponibles mais ne trouvaient pas preneur, notamment en région parisienne. Il est évident que l’installation d’une centaine de tentes à Paris tend à remettre le problème des sans-abri au cœur de la campagne présidentielle.

Et ça n’a pas traîné, Nicolas Sarkozy l’a promis : « Finis les SDF ! En tout cas, d’ici deux ans ! » s’il vous plait. Le clan UMP explique la « stratégie » en plusieurs axes (retour au travail, développement du pouvoir d’achat et la question du logement social) pour aider les sans-logis à sortir de la rue.

Don Quichotte était un rêveur, mais son « écuyer » Sancho Panza avait les pieds sur terre. Le valet prosaïque aurait quelque doute sur les promesses sarkozyennes en matières sociales en sachant que Neuilly-sur-Seine, la ville dont le même Nicolas Sarkozy a été longtemps le maire ne respecte pas la loi SRU qui oblige toute commune de plus de 3 500 habitants à disposer d’au moins 20 % de logements sociaux. Or Neuilly-sur-Seine en compte moins de 5 %. Putain, deux ans ….

Published in: on 22 décembre 2006 at 2:47  Laisser un commentaire  

Ombres et lumières des diamants

Noël arrive avec son cortège de mille éclats. Qui dit éclat, dit aussi diamants. Même si cela n’a pas grand chose à voir avec la tradition un grand magasin japonais propose un gâteau de Noël au chocolat décoré de véritables diamants. Ce gâteau exposé jusqu’au 25 décembre, haut de 35 cm et glacé avec quelque cent gemmes, soit environ 50 carats, est vendu 100 millions de yens (645.200 euros) hors taxes.

“Diamonds are a girl’s best friends ! » Et oui, c’est l’inoubliable Marilyn qui nous susurrait que les diamants sont les meilleurs amis de la femme. Mais c’est aussi le meilleur ennemi de l’homme puisque les ONG comme Amnesty ou Oxfam parlent depuis quelque temps des « diamants de la guerre » essentiellement sur le continent africain.

L’Afrique centrale est devenue le théâtre d’un «nouveau type de guerre» où le déploiement et l’activité des armées nationales sont purement orchestrés en fonction de l’exploitation commerciale des mines de diamants. Les diamants forment une économie parallèle et criminalisée de plusieurs milliards de dollars avec une commercialisation passant par des circuits compliqués et le travail artisanal de milliers de revendeurs et de « petites mains ». L’extraction alluviale du diamant nécessite peu ou pas de moyens techniques contrairement au cuivre ou au pétrole induisant des moyens d’envergure industrielle. La communauté internationale a pris conscience, à la fin des années 90, de l’existence d’un trafic illicite de diamants en Afrique. Des groupes rebelles agissant en Sierra Leone, en Angola ou en République Démocratique du Congo (RDC) utilisent notamment la réquisition forcée de mines pour acheter des armes et maintenir des conflits sanglants dans la région.

En 2002, le gouvernement du Botswana a violemment expulsé les Bushmen de leur territoire dans le Kalahari central où la compagnie De Beers mène des prospections diamantifères. Les Bushmen avaient appelé au boycott de ces diamants tant qu’ils n’étaient pas autorisés à retourner sur leur territoire. Ils viennent de remporter une victoire juridique et vont pouvoir se réinstaller sur la terre de leurs ancêtres. Les Bushmen avaient, au préalable et par l’entremise du célèbre magazine américain Variety, lancé un appel désespéré à Leonardo di Caprio vedette du film ’The blood diamond’. « Des amis nous ont dit que vous jouez dans le film « The blood diamond » qui montre à quel point les diamants peuvent faire souffrir. ».

Ce film qui sort en France le 31 janvier 2007 pourrait, à l’instar du film « Indigènes » avec les pensions militaires des tirailleurs africains, avoir une incidence politique et représenter une menace à long terme pour l’industrie du diamant en jouant sur les inquiétudes des consommateurs. L’une des ripostes des diamantaires est de mettre en lumière le Processus de Kimberley, mandaté par l’ONU, dont le but de mettre en place un Système de certification (SCPK) qui authentifie la provenance licite et éthique des diamants.

Joyeux Noël aux Bushmen. Merci pour eux à Leonardo. Merci pour tout, Marilyn

Published in: on 18 décembre 2006 at 5:41  Laisser un commentaire  

You’ll go better refreshed

Il va falloir s’y faire mais d’ici 2040 Coca-Cola devra se trouver de nouveaux porte-parole. Je veux parler des ours blancs ou polaires qui sont depuis des décennies le symbole du rafraîchissement de la célèbre marque de boissons d’Atlanta. Le slogan You’ll Go Better Refreshed (Vous vous sentirez mieux rafraîchi) avait le mérite d’être clair et quoi de mieux que le fameux ours polaire pour accentuer cette sensation.

Mais aujourd’hui le constat est alarmant : selon des chercheurs américains et canadiens, la banquise arctique pourrait disparaître pendant l’été dès 2040, du fait du réchauffement de la planète. Les travaux, publiés ces jours-ci par une revue scientifique américaine, assurent ainsi que la quantité de glace dans l’Océan glacial arctique chaque mois de septembre pourrait être réduite si brutalement que, d’ici 20 ans, elle pourrait se commencer à se réduire quatre fois plus vite que ce qui a pu être constaté jusqu’ici.

Cela signifie que le pôle nord pourrait être sans glace dès l’été 2040, selon une modélisation produite par des ordinateurs. Selon une des simulations produites, la glace de septembre se réduit pour passer d’environ 6 millions de kilomètres carrés à 2 millions de kilomètres carrés sur une période de dix ans. On avait déjà mesuré que la banquise arctique fondait beaucoup (10 à 15 fois) plus vite qu’avant. Tout le monde avait d’ailleurs été très surpris de constater que, cet été, on pouvait arriver en bateau au Pôle Nord, ce qui ne s’était jamais vu !

Le monde entier et les américains en premier lieu sont alertés sur ces questions depuis longtemps. Nous avons vu récemment le film « Une vérité qui dérange » avec Al Gore. Dans une séquence marquante nous voyons un petit ours polaire qui nage à la recherche d’un coin de banquise où se réfugier. Le gouvernement américain n’ a pourtant (y a t’il un rapport ?) jamais ratifié le protocole de Kyoto. A contrario, il autorise de pomper du pétrole en pleine réserve arctique d’espèces menacées en Alaska. L’administration Bush préfère  les 10,4 milliards de barils au sanctuaire écologique de l’Artic National Wildlife Refuge. Dans ce contexte, la fonte de la banquise va modifier l’écosystème mondial et les animaux vont devoir s’adapter et les pays répondre à cette modification des frontières. Certains commentateurs cyniques observent que des « routes maritimes » vont s’ouvrir avec un  bénéfice économique notamment pour le Canada.

Ceci provoquera de graves conséquences sur l’équilibre biologique de la région, mais aussi de toute la planète ! La banquise est aussi l’habitat de nombreuses espèces comme l’ours polaire, que va-t-il alors se passer ? Coca-Cola trouvera une nouvelle mascotte en direction des enfants mais quelles mascottes gardera la planète à l’avenir?

Published in: on 15 décembre 2006 at 12:29  Comments (1)  

Post-scriptum à Kissinger

J’veux te raconter Kissinger/ L’histoire d’un de mes amis,/ Son nom ne te dira rien,/ II était chanteur au Chili./
Ça se passait dans un grand stade,/ On avait amené une table,/ Mon ami qui s’appelait Jara/ Fut amené tout près de là./
On lui fit mettre la main gauche/ Sur la table et un officier/ D’un seul coup avec une hache,/ Les doigts de la gauche a tranché./
D’un autre coup il sectionna/ Les doigts de la dextre et Jara/  Tomba, tout son sang giclait,/ 6000 prisonniers criaient./
L’officier déposa la hache,/ II s’appelait p’t’être Kissinger,/ Il piétina Victor Jara,/ Chante dit-il, tu es moins fier./
Levant ses mains vides des doigts/ Qui pinçaient hier la guitare,/ Jara se releva doucement,/ Faisons plaisir au commandant./
Il entonna l’hymne de l’U,/ De l’unité populaire,/ Repris par les 6000 voix/ Des prisonniers de cet enfer./
Une rafale de mitraillette/ Abattit alors mon ami,/ Celui qui a pointé son arme/ S’appelait peut-être Kissinger./
Cette histoire que j’ai racontée,/ Kissinger, ne se passait pas/ En quarante deux mais hier,/ En septembre septante trois.

Voilà la lettre qu’ adressa le chanteur belge Julos Beaucarne à Kissinger dans les années septante. Près de 30 ans après je voudrais rajouter un codicille ou un post-scriptum. 

Mon cher Heinz, puis que tel est ton prénom toi qui est né en 1923 en Allemagne au cœur de l’Europe. Donc Heinz (ou Henry), je viens te parler de ton ami Augusto. Tu l’as peut être oublié, mais c’était ton ami, en fait quelqu’un à qui on a donné un jour un sacré coup de main.

Tu sais, Heinz, Augusto est mort le 10 décembre à 91 ans. Il est mort sans passer devant la justice, pourtant il avait du sang sur les mains. Tu me diras, c’est pas le seul, mais lui le monde entier l’a vu quasiment en direct.

Certains ont soupçonné que les autorités américaines aient été sinon impliquées du moins informées de ces exactions. Juan Guzmán Tapia, un juge, a même demandé en vain dès juillet 2001 de t’interroger comme témoin dans le cadre d’une enquête sur l’assassinat d’un journaliste américain. Il est vrai que l‘hostilité des États-Unis au gouvernement Allende ne faisait aucun doute vraisemblablement en raison du précédent du régime de Castro. Là aussi, c’est la « faute à Fidel » comme dit la fille Gavras.

 Peut être te demandes tu pourquoi je m’intéresse à une histoire de plus de 30 ans dans un pays qui est soit-disant le premier de la classe de toute l’Amérique Latine. En fait, j’avais 15 ans en 1973 quand un président démocratiquement élu a été poussé au suicide par un putsch militaire. Tu te souviens, 15 ans, c’est l’age que tu avais quand ta famille a quitté l’Allemagne pour ne pas avoir à porter l’étoile jaune et fuir les persécutions nazies.

Published in: on 12 décembre 2006 at 10:00  Laisser un commentaire  

Bonne nuit les petits

Ça y est l’hiver est là. Les tempêtes hivernales et la neige devraient être au rendez-vous. Certains animaux vont rentrer en hibernation, un état d’hypothermie régulée qui leur permettra de conserver leurs énergies durant l’hiver en utilisant les réserves de graisse stockées pendant les mois actifs. Quand on pense hibernation, on pense en premier à l’ours.

Malheureusement, actuellement les ours bruns du zoo de Moscou n’arrivent pas à entrer en hibernation, en raison d’un temps exceptionnellement clément. Comme pour les hommes, les caprices de la nature ont de quoi étonner les animaux. Les ours bruns dont la période d’hibernation commence normalement en novembre n’arrivent toujours pas à s’endormir.

Dans un autre coin de la planète, le réchauffement climatique met en danger la population des ours blancs canadiens de la baie d’Hudson. La banquise se forme avec du retard. Les ours ne peuvent donc chasser le phoque. Ce réchauffement pourrait donc rapidement mener à l’extinction de l’espèce.  L’ours est depuis longtemps le symbole de la relation de l’homme avec la nature et la faune sauvage. Plus l’homme avance, plus l’ours recule.

Pourtant dans notre enfance nous ne pouvions nous passer de notre nounours ou « Teddy bear » chez les américains. L’histoire de « Teddy bear » était déjà la démonstration du rapport de l’homme à l’animal. On raconte qu’en 1902 le président Théodore Roosevelt (Teddy pour les intimes) participait à une chasse à l’ours dans le Mississipi. Devant son manque d’adresse cynégétique, il lui a été proposé de tirer sur un ourson encordé à un arbre. Teddy refusa et la légende relayée par le Washington Post décolla.

De nos jours aussi les chasses truquées existent. La dernière histoire qui ait fait jaser se passe en Russie cet automne avec le roi d’Espagne Juan Carlos qui a tué un ours apprivoisé préalablement nourri et saoulé avec une mixture de vodka et de miel. L’animal ivre a été une cible facile et Juan Carlos de Borbon y Borbon a abattu le débonnaire Mitrofan au premier coup de feu.

 En Roumanie, des sociétés de chasse offrent la possibilité d’abattre un ours pour un peu plus d’un millier d’euros au cours de « safaris » qui font l’objet de controverses chez les militants de la cause animale. De même, dans les Pyrénées françaises, l’exécution de l’ourse Cannelle par un chasseur, en 2004, a provoqué une levée de protestations et d’indignations. Dans le département voisin, l’ourse Palouma, réintroduite en 2006, a été retrouvée morte suite à un accident.

 Nous ne pouvons dans ce contexte qu’être enchantés d’apprendre qu’une ourse (non identifiée) accompagnée d’un ourson de l’année ont été observés dans la vallée espagnole de Montgari le 20 septembre au  matin.

Bravo à la maman qui devra apprendre à son petit de ne pas boire du Bourbon et d’éviter de croiser des personnalités royales.

Published in: on 8 décembre 2006 at 11:24  Laisser un commentaire  

L’Afrique décoince la bulle

Depuis peu, les bandes dessinées d’auteurs africains s’exportent et sont même primées dans des rencontres internationales prestigieuses. Dans un même temps, sur le continent, le nombre de lecteurs demeure restreint car  la bande dessinée africaine ne peut se développer durablement sans une production locale solide malgré le fait que la BD est un des média les plus populaires,.

Depuis le 15 novembre à New-York a été donné le coup d’envoi de la première exposition organisée aux Etats-Unis exclusivement dédiée à la bande dessinée africaine, « Africa Comics ». Trente cinq artistes originaires de tout le continent, de Madagascar à l’Angola en passant par le Nigeria, sont représentés au Studio Museum à Harlem en partenariat avec une O.N.G. italienne Africa e Mediterraneo”.

Les organisateurs indiquent qu’il y a une nouvelle génération d’auteurs africains avec une grande préoccupation pour les matières sociales et politiques : corruption, droits humains, émigration et question féminine. A ce titre, on peut noter par exemple le travail du sénégalais Samba Ndar Cisse avec « Oulaï. Pour que cesse l’excision » ou du  Sud-Africain Anton Kannemeyer avec « Joe Dog » une satyre du racisme parodiant « Tintin au Congo ».

« Tintin au Congo », parlons-en ! Je l’ai lu comme beaucoup dans l’enfance. Il est vrai que c’est difficilement lisible aujourd’hui pour un adulte citoyen avec le prisme du 21ème siècle. L’image qui est véhiculée dans cet opus est vraiment conforme au malaise qu’ont ressenti nombre de personnes lors du débat concernant l’article 4 de la loi du 28 février 2005 traitant du « rôle positif » de la colonisation.

Hergé comme d’autres n’ont pas hésité à réduire les peuples colonisés à leur caricature. Cela participe aujourd’hui du même remords de « l’homme blanc » qui ne saisissait pas la cruauté du message « Y’ a bon Banania » derrière le délice d’un bon chocolat chaud.

L’Afrique a depuis les années cinquante vécut l’ère de la décolonisation.  Malheureusement demeure l’hypocrisie générale qui règne de notre société du spectacle, où l’on ne bronche guère quand des millions de gens crèvent de faim du Darfour à l’Ouganda.

Espérons que petit à petit, la BD étant un exemple comme un autre, l’Afrique puisse rentrer dans la cour des grands. Elle devra pour cela puiser son inspiration dans la rue ou la forêt, dans les histoires drôles ou inquiétantes colportées de bouche à oreille. Ce continent s’il doit être sauvé le sera par l’humour et/ou la magie.

Published in: on 5 décembre 2006 at 12:17  Laisser un commentaire  

Plan média sous « haute pression »

Sarkozy candidat. On ne peut pas dire que nous en soyons énormément surpris. Celà fait 2 ans que Sarkozy a commencé sa campagne. L’annonce en a pourtant été chaotique entre le scoop volé par le site internet de Libé avant le passage dans les journaux de la PQR pas tous enthousiastes. Pour finir de donner un plus grand écho à ce « coup médiatique », l’émission « A vous de juger » sur France 2 était prévu jeudi soir avec Arlette Chabot.
Je ne commenterai pas l’émission de Chabot/Sarkozy car le sommeil me terrassa après 15 mn de monologue du président de l’UMP. Je pense que comme à son habitude il a du contenter et satisfaire le MEDEF et le monde de l’entreprise.
Par contre, pour rester dans les entreprises, le Nouvel Observateur de la semaine nous informe que la société Kärcher France n’est pas du tout satisfaite de la publicité et des retombées négatives que le ministre de l’intérieur leur procure depuis les événements dramatiques survenues en banlieues à l’automne 2005.

Si Sarkozy a un réel désir d’avenir en tant que président, aura t’il besoin d’un nettoyeur haute pression de couleur jaune pour réaliser sa rupture tranquille (sic) ? Le Karcher est il compatible avec la présidence ?
En France, c’est pas sur. Aux Etats-Unis en tout cas oui. En effet, Kärcher, en coopération avec le service de parc national, a eu l’honneur de nettoyer les têtes des présidents américains George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln sur le Mont Rushmore au Dakota du sud.

Les travaux de nettoyage ont été menés à bien en tant qu’élément d’un projet de mécénat culturel dans ce haut-lieu de l’imaginaire américain tant popularisé par Hitchcock. Le but du projet était d’enlever le lichen, les algues, la mousse et d’autres taches organiques qui pouvaient endommager fondamentalement la roche par la bio-corrosion.

A la place de Kärcher Gmbh, la maison-mére allemande, il est évident que le plan média du Mont Rushmore est bien meilleur que celui de la cité des 4000. De même, on ne va pas s’amuser à comparer le petit Nicolas aux géants George, Thomas, Theodore et Abraham. C’est peine perdue.

Published in: on 2 décembre 2006 at 2:22  Laisser un commentaire