Le bal des débs

Le Bal des débutantes de Paris avait été remis au goût du jour il y a plus de quinze ans reprenant la tradition aristocratique de présentation dans les cours royales des jeunes filles à la veille de leur majorité. La manifestation de cette année, a été marqué par la participation pour la première fois de l’Afrique avec les « débuts dans le monde » de Elisabeth Senghor, 18 ans, parente de Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf en robe signée Jean-Paul Gaultier. Comme disait son arrière-grand-oncle, Elisabeth a t’elle « rêvé d’un monde de soleil dans la fraternité de (ses) frères aux yeux bleus »?

Ségolène Royal sera le Jeudi 30 Novembre 2006 au Liban à Bickfaya pour présenter ses condoléances à la famille de Pierre Gemayel. Cette visite au Liban et dans la région constituera le premier séjour à l’étranger de la candidate socialiste officielle à la présidence de la République française. Elle pourra méditer le psaume 91 que récitent les rabbins du monde entier lors des funérailles: « Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban « 

Le pape Benoît XVI, dont les propos sur l’islam en septembre dernier ont déchaîné la colère du monde musulman, est depuis mardi en Turquie pour une visite des plus difficiles surtout pour un premier voyage en dehors de l’Europe occidentale.  Le voyage du souverain pontife à Ankara, Ephèse et Istanbul, qui avait à l’origine pour thème central les relations entre Eglises catholique et orthodoxe, pourrait apparaitre aujourd’hui comme l’occasion de pouvoir clore la polémique suscitée par les déclarations du pape à Ratisbonne.

Pour tout le monde, ce sera le vrai bal des débs, celui où la réalité se précise. La route sera longue à tous et semée d’embûches. La raison de Joseph Ratzinger, les désirs d’avenir de Mme Royal et la force africaine de la parentéle d’Elisabeth leur serviront de viatique.

Published in: on 29 novembre 2006 at 8:33  Laisser un commentaire  

Mais que fait la police ?

Barbara Bush, qui a fêté ses 25 ans le 25 novembre, s’est fait dépouiller dès le premier jour de son séjour dans la capitale argentine avec sa soeur Jenna. L’aînée (sic) des jumelles du président américain George W. Bush s’est fait voler son portefeuille et son téléphone portable dans un restaurant de Buenos Aires malgré l’étroite protection dont elle était entourée.

Avec les gardes du Secret Service au nombre de 8 qui la surveillaient à presque 40 mètres, la fille de Bush semblait tranquille et pouvait passer pour une touriste comme une autre sous le soleil de la place Dorrego. Ce quartier touristique aussi connu pour ses « punguistas », professionnels du vol à l’arraché. Profitant d’un moment de négligence de Miss Bush, deux complices ont commis leur forfait avec une efficacité redoutable.

Il ne s’agit pas de la seule mésaventure survenue au cours du voyage de deux semaines des deux enfants de George W. et Laura Bush: un agent de leur escorte aurait été sévèrement brutalisé lors d’une altercation avec un inconnu. Le gouvernement fédéral argentin a décidé d’augmenter la garde rapprochée autour des filles du président Bush.

Il y a deux façons de juger cet incident à l’aune de la géopolitique planétaire actuelle. On peut d’abord s’étonner que les meilleurs services secrets du monde puissent se faire berner par deux simples larrons. Il y a de la mutation dans l’air et certains vont regretter la dégustation d’un bon « dulce de leche » quand ils seront dans les rues de Bagdad ou Kaboul.

Par contre, espérons que l’Argentine ne soit pas désormais classée à cause de cet incident au nombre des états-voyous. Ce n’est pas parce que le vol de la place Dorrego se rajoute au fait que Maradona semble préférer Fidel Castro à G.w. Bush que l’Argentine doit être classé dans l’axe du mal.

Pitié, Mr Bush, ne bombardez pas Buenos-Aires. Faites comme nous, les français, battez les au rugby ! Samedi, on a battu les Pumas d’un point (27-26), mais on les a battu.

Published in: on 27 novembre 2006 at 10:25  Laisser un commentaire  

Le chanoine et la co-princesse

Le Vatican et le Saint-Siège sont confrontés depuis quelque temps à des contrariétés de tous ordres. La vague iconoclaste et sacrilège du « Da Vinci Code » s’est estompée avec l’échec relatif du film. De même, le discours académique de Benoît XVI à Ratisbonne avait mis un temps en émoi certains fondamentalistes musulmans. Maintenant, les nuages noirs viennent de France et du département des Deux-Sèvres.
En effet, le journal « Le Monde » rapporte récemment que le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, s’adressant à M. Mennucci, opposant municipal et principal pilier de Ségolène Royal, qu’”une vague inquiétude” était sensible au Saint-Siège. C’est que “le président de la République française est traditionnellement chanoine de la basilique de Latran. Mais rien n’est prévu pour une chanoinesse“.
En effet, ce titre honorifique traditionnel qui depuis Henri IV rattache le Chef de l’Etat français au chapitre vatican reste dans la droite ligne des liens historiques qui, depuis Pépin le Bref et Charlemagne, unissent la nation française comme « fille aînée de l’Eglise ».

Ségolène, je sais pas ce qu’elle en pense, mais elle a quand même pas mal d’arguments pour plaire (ou déplaire) aux autorités papales. Question image pieuse, elle ne devrait pas dénoter. Certains dans la pré-campagne l’ont appelé « la madone du Poitou ». Ségolène, icone d’un matriarcat encensé par les médias, souvent habillée d’un blanc immaculé et  impassible aux railleries de ses camarades machistes. Oui, Sainte Blandine n’est pas loin.
Sa sainte patronne, en fait, était abbesse du monastère de Troclar en Languedoc au 7ème siècle. Sainte Ségolène est vénérée dans la cathédrale d’Albi où sont conservées ses reliques et son nom est invoqué pour lutter contre la lèpre.
Pour revenir au chanoinat de Latran qui peut lui échoir en cas de victoire au printemps 2007, il convient que les juristes canoniques du Vatican puissent trouver une solution afin de maintenir des bonnes relations diplomatiques avec la fille aînée de l’Eglise.
Une solution que l’on qualifiera de plan B pourrait avoir le mérite de régler un autre problème. Je veux parler de l’utilité sociale à venir de François Hollande. En France, nous n’avons pas d’un point de vue protocolaire de prince consort ou de « First Lord » (je connais pas le masculin de « First Lady ».
En conclusion, si j’avais un conseil à donner au couple Royal-Hollande ce serait la répartition des tâches. Ségolène pourrait assumer sans problème le titre de co-princesse d’Andorre à moins que l’autre co-prince l’évêque d’Urgel ne nous fasse une crise diplomatique. François pourrait assumer la charge vaticane. Député-maire de Tulle et chanoine de Saint Jean de Latran, ça a de la gueule sur une carte de visite ! Mais reste la question cruciale de la garde des enfants.

Published in: on 22 novembre 2006 at 7:20  Laisser un commentaire  

Un tacle imbécile

Familier des propos orduriers et des sorties nauséabondes, Georges Frêche, le président socialiste du Languedoc-Roussillon, a encore une fois défrayé la chronique au sujet de la composition de l’équipe de France. « Dans cette équipe, il y a neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. (…) ».
Si on veut calmement analyser les choses en profondeur, il faut bien constater qu’en effet, la sélection nationale de football refléte depuis longtemps toutes les composantes de la population française notamment les différentes vagues de travailleurs migrants venus s’installer ici. La composition de l’équipe française est tout à l’opposé de ses homologues allemande, espagnole ou italienne puisqu’on y trouve – outre quelques joueurs originaires des DOM-TOM – des footballeurs d’origine espagnole, portugaise, arménienne, algérienne ou encore africaine.
Convenons que le football est depuis longtemps le sport populaire par excellence : celui qu’on regarde le plus, celui qu’on pratique le plus. En conséquence, surtout depuis que la professionnalisation de ce sport le permet, nombreux sont les jeunes issus des milieux de l’immigration pour qui ce sport populaire de haut niveau est l’occasion d’échapper à leur destinée sociale « naturellement » réservée.
Il en fut ainsi des jeunes issus de l’immigration polonaise et italienne qui étaient, dans les années de l’entre-deux guerres, les deux communautés étrangères les plus importantes en nombre notamment dans les mines du Nord ou en Lorraine. Elles ont d’ailleurs fourni au football national les deux plus grandes vedettes de son histoire avec Raymond Kopa et Michel Platini.
L’apport continu des enfants de l’immigration dans les clubs pros se continua avec l’arrivée des jeunes d’origine espagnole, puis portugaise comme à l’époque de Platini avec Luis Fernandez, Tigana ou Amoros.
La sélection française s’est toujours s’est ouverte, progressivement, aux enfants des vagues successives des travailleurs migrants venus s’établir en France.
Le tollé provoqué par les propos de Frêche est unanime et nombreux sont ceux à droite comme à gauche qui au nom des principes républicains et de l’antiracisme condamnent ses propos et réclament aujourd’hui son départ, sinon son exclusion.
En dehors du fait qu’il méconnaisse qu’un grand nombre de sportifs, et pas seulement des footballeurs, sont depuis longtemps originaires des départements français d’outre-mer, les propos de Frêche sont choquants à plus d’un titre notamment parcequ’ils ont dans la bouche d’un socialiste.
Je veux bien admettre qu’au nom de la liberté d’expression et du principe de réalité, les discussions de « café de commerce » constatent que, sur les 23 joueurs de l’équipe de France vice-championne du Monde en 2006, il y ait 14 « noirs » (dont plus de la moitié originaires des D.O.M.).
Pourtant, la vraie question pour un responsable politique, socialiste de surcroit, n’est pas celle de la couleur de peau, mais celle de savoir pourquoi le sport est le seul lieu d’expression pour des minorités, souvent confrontées à des problèmes sociaux. A part le foot, il y a peu d’endroits ou l’ascenseur social a l’air de fonctionner. Quid de la représentation des fils et filles de l’immigration dans les conseils municipaux, assemblées nationale ou régionales ?


Nous avions cru il y a quelques années que le succès de la sélection française – « multicolore », « multiethnique » – au Mondial 98 deviendrait aussi une victoire contre la xénophobie et le racisme entretenus par le FN.

Ce n’est pas Frêche avec son tacle imbécile qui va nous donner de l’espoir en la matière.

Published in: on 20 novembre 2006 at 6:40  Laisser un commentaire  

Ni Guernica, ni Goya, mais ….

Depuis près d’un mois et jusqu’au 18 novembre se tient, à New York, la dernière exposition du peintre et sculpteur colombien Fernando Botero. Ses portraits et sculptures marqués par des personnages heureux et rondouillards ont enchanté des millions d’amateur au travers du monde.

Mais la dernière exposition du célèbre colombien traite de la prison irakienne d’Abou Ghraib. Ce sujet sulfureux fort différent de ses habituels travaux a pris corps chez l’artiste à la lecture dans le « New Yorker » des sévices et tortures exercés par les militaires états-uniens. Pendant 14 mois, Botero a créé environ une centaine de peintures de grande taille et de dessins. Environ la moitié de ces œuvres est à la Marlborough Gallery. Cette collection dépeint des prisonniers battus, sexuellement maltraités, les yeux bandés, recouverts d’un capuchon, entravés avec des cordes, attaqués par des chiens ou forcés de porter des sous-vêtements féminins. Botero indique qu’il n’a employé aucune des photos célèbres d’Abou Ghraib pour l’inspiration, mais s’est seulement appuyé sur les textes des articles.

Comme Goya avec « Tres de mayo » après les massacres napoléoniens en Espagne ou Picasso avec « Guernica » suite au bombardement des civils basques un jour de marché, le plasticien colombien a connu, « la rage au ventre », l’urgence artistique et citoyenne de la création.

Dans le pays de Bush et du « Patriot act » de l’après onze septembre, il n’est pas étonnant qu’un artiste, même du renom de Botero, soit obligé de se rabattre vers une galerie de second rang. Il est regrettable que les grands musées new-yorkais ne lui aient pas ouvert leur porte et que le successeur de Goya et Picasso connaisse le boycott dans le haut lieu de la culture américaine. Certains médias américains ont même eu le cran de s’étonner : « – Not Quite Goya » ( ce n’est tout de même pas Goya).

Botero aurait gardé la propriété de toutes ses peintures (aucune d’elles n’est en vente) et espère toutefois que ses peintures trouveront une collection permanente dans un musée aux Etats-Unis. Le départ de Rumsfeld et la claque des congressistes républicains va peut être arranger les choses. Le « Guernica » est revenu en Espagne, mais ce n’est pas demain la veille que nous aurons une expo Botero à Bagdad !

Published in: on 15 novembre 2006 at 8:02  Laisser un commentaire  

Crier sur les toits

« Ne craignez pas les hommes ; tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu.  Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. »

Cette phrase n’est pas tirée d’un discours politique mais d’un texte de près de 2000 ans « Matthieu 10, 26-27 ».

 Pourtant c’est parce qu’elle (Ségolène Royal) ne voulait pas « le crier sur les toits » qu’un débat ou une réflexion sur la place des profs dans l’école colportée par le truchement d’Internet a eu tant d’échos. Ce bout de vidéo filmée à son « insu » et parlant des 35 heures à l’école devient un brûlot sur le net. Chez ses opposants, on se persuade que cela fait suite aux sorties de Madame Royal sur la carte scolaire
et les jurys populaires et que cela ne pourra que lui aliéner les enseignants et élus locaux très présents au PS.

La question du fond importe peu en tout cas d’ici le 16 novembre où les adhérents de toutes générations choisiront le challenger du camp social-démocrate.

Cette vidéo sera t’elle néfaste ou profitable à Marie-Ségolène ? Qui le sait ? Dans les salles de profs, c’est pas gagné mais un autre monde est possible en dehors de ces lieux.

Faire connaître ce qui est caché, c’est le côté positif de ces vidéos pirates. Mais nous a t’on vraiment dévoilé ce qui était voilé ? Nous a t’on mis au grand jour ce qui était dans l’ombre ? Je n’en suis pas sûr.

 Beaucoup se doute qu’il y a une face cachée derrière le papier glacé de la madone des médias. Dans le creux de l’oreille, je vous dis que la députée des Deux-Sèvres n’a pas fini de nous surprendre. Pas forcément dans le bon sens, c’est ce qui est paradoxal et que j’ai du mal à comprendre. Mais j’ai une excuse, mes profs ne devaient sûrement pas faire 35 heures quand j’étais à l’école.

Published in: on 13 novembre 2006 at 11:39  Comments (2)  

Les soldats et les guerres

Durant un mois, un film français a été à la tête du box-office du cinéma hexagonal. Il s’agit bien sûr du film Indigènes avec Jamel Debbouze et Samy Naceri. A titre de devoir de mémoire, ce film relate le parcours de quatre « indigènes », soldats oubliés de la première armée française recrutée en Afrique pour libérer la France. Nous vivons avec émotion l’histoire des goumiers Abdelkader, Saïd, Messaoud et Yassin, envoyés en première ligne de Monte Cassino à la frontière allemande.
Plus que les qualités cinématographiques de cet opus, ce qui restera dans les mémoires est le bras de levier politique qu’il est devenu. L’acuité du débat sur la colonisation et ses suites alimenté entre autres par la récente loi CESEDA sur l’immigration, a accru l’intérêt du public pour ces questions. Le jour de la sortie du film en salles, le gouvernement a annoncé que les 80 000 anciens combattants « indigènes »encore vivants percevront les mêmes retraites que leurs compagnons d’armes français.


Le suspense de l’automne (pas vraiment …) a cessé le 6 novembre avec la proclamation du Goncourt. Le verdict prononcé en l’absence de Jonathan Littell, récipiendaire atypique reste sans appel en jugeant la réussite littéraire de l’année malgré les contrefeux hargneux allant de Christine Angot à Claude Lanzmann. Depuis septembre, le roman « Les Bienveillantes » qui évoque un ancien bourreau nazi pourtant instruit qui se raconte méthodiquement et sans émoi passionne de nombreux et divers lecteurs. La condition de ce tortionnaire  cristallise cette trouble frontière qui existe entre humanité et inhumanité. Littell vient nous poser l’éternelle question du bien et du mal.

Avec le battage médiatique, ce livre de 900 pages est devenu quasiment un classique. A l’instar des grands anciens, peu importe que des personnages comme Bardamu, Don Quichotte ou Emma Bovary n’aient pas d’équivalents dans le monde réel. Et seule l’émotion qui étreint le lecteur est d’importance pour les lecteurs de roman.  
Doit on opposer le bien contre le mal, les goumiers indigènes à l’officier SS imaginaire ? Les étudiants brillants et les soldats indolents ?

 Nous avons vu comment G.W. Bush a exploité sans coup férir une blague douteuse du sénateur Kerry devant un parterre d’étudiants californiens : « Vous savez ce qui vous attend si vous n’étudiez pas, si vous n’êtes pas brillants, si vous êtes paresseux intellectuellement ? Vous finissez coincés (getting stuck) dans une guerre en Irak». Cette plaisanterie visant Bush est devenue une insulte aux militaires qui ont pu comprendre qu’il n’y avait que des ignares qui se battent en Irak. Pour nombre de soldats issus  de milieux modestes ou défavorisés, l’armée est souvent la seule façon possible de réussir dans la vie. Mais ce n’est pas de leur faute s’ils risquent leurs vies ! Ce ne sont jamais les soldats qui déclarent les guerres !
Littell et Bouchareb ne diront pas le contraire.

Published in: on 8 novembre 2006 at 2:12  Laisser un commentaire  

Black-out sur la mémoire d’Anna

Une femme courageuse a été assassinée le 7 octobre 2006 à Moscou parce qu’elle croyait entre autres en la vérité et en l’information libre. Anna Politkovskaïa était la célèbre écrivain-journaliste russe qui couvrait depuis plusieurs années le conflit tchétchène de manière indépendante. A ce titre, elle dénonçait depuis longtemps également les agissements nauséabonds de Poutine qui, sous couvert de lutte sans merci contre le terrorisme avec le soutien occidental, broyait tout un peuple sous sa botte. Anna Politkovskaïa n’avait pas cesser, depuis plus de dix ans, de dénoncer les exactions sanglantes de l’armée russe dans le Caucase nord « jusque dans les chiottes ».

Anna s’était surtout battu contre le Président de la Fédération de Russie. Vladimir Poutine, qui a été décoré par Chirac de la Grand-Croix de la Légion d’Honneur. Notre (encore) président a décerné, au nom de la République et par là-même « en notre nom », une décoration (et pas la moindre!)  dans le plus grand secret. C’était le 22 septembre, sois près de quinze jours avant l’exécution d’Anna.

 La panne électrique (défaillance ou début de black-out) qui a touché, dans la nuit du 4 au 5 novembre, 10 % des foyers français et le nord-ouest de l’Europe, démontre que la question de l’énergie doit être traitée à l’échelle du continent européen avec notamment la coordination des réseaux de transport d’électricité. Philippe Douste-Blazy a suggéré depuis que la France et l’UE s’intéressent de plus près au potentiel énergétique de l’Algérie et du Caucase.

Le Caucase, la boucle est bouclée. Qui continuera à croire à l’indignation de nos dirigeants concernant la mort d’Anna ? Le  cynisme due à la « realpolitik » étalera sur nos mémoires un black-out digne de la « légion du déshonneur ».

Published in: on 6 novembre 2006 at 4:21  Laisser un commentaire  

Les premiers qui disent la vérité

La présidente du jury Femina a annoncé lundi 30 octobre l’exclusion de la romancière Madeleine Chapsal pour des propos jugés « diffamatoires ». Cette décision a entraîné le retrait par solidarité de Régine Deforges. Madeleine Chapsal a été exclue à l’unanimité pour ses propos tenus dans son livre « Journal d’hier et d’aujourd’hui ». Elle y critique notamment les délibérations au sein du jury Femina. La plupart des membres du jury lui ont donné le choix entre la démission et l’exclusion. Madeleine Chapsal, n’ayant pas souhaité démissionner, a été exclue.
Le hollandais Jan Pronk, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Soudan depuis 2004, alimente, en anglais, un blog personnel depuis novembre 2005. Il n’y mâche pas ses mots et commente notamment dans un de ses derniers billets les activités militaires de l’armée soudanaise. Les autorités militaires locales n’apprécient guère les commentaires du diplomate néerlandais. Le gouvernement soudanais avait demandé le départ de Jan Pronk dans les 72 h. Le Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a confirmé que son Représentant spécial pour le Soudan partirait à la fin de l’année, c’est-à-dire jusqu’à l’expiration de son contrat, et qu’il continuerait de bénéficier de sa « pleine confiance ».

Il n’est pas dans mon intention de comparer ces deux situations. La dispute des dames du Femina prête à sourire tant elle se passe dans le saint du saint de la bobosphère germanopratine. Comment la vieille dame rousse a craché dans la soupe? Elle a osé dire (en fait écrire) ce que tout le monde sait. Les grandes maisons d’édition comme Gallimard font la pluie et le beau temps dans les prix littéraires. Attendons avec « bienveillance » les résultats prochains du Goncourt!
Pour le diplomate onusien au Soudan, c’est bien sûr, plus dramatique car il s’agit de la situation quasi-génocidaire au Darfour. Lui aussi dit dans son blog ce que nous devrions tous savoir. Bien évidemment, il est sorti du droit de réserve que l’on connaît habituellement chez les diplomates. En général, cette profession livre ses secrets d’Etat dans leur mémoires bien après les événements. Monsieur Pronk est un humaniste, voilà sa faute.
Madame Chapsal va se retirer comme d’autres dans l’ile de Ré, Jan Pronk saura rebondir dans un autre coin de la planète ou sur la terre batave mais que deviendrons les enfants du Darfour ?

Published in: on 2 novembre 2006 at 5:54  Laisser un commentaire