Ce n’est pas un micro-prix Nobel de la Paix

Le sujet est explosif depuis l’invention de la dynamite par ce bon Alfred. Pourtant,  je préfère parler des prix Nobel notamment celui de la Paix car c’est plus calme que certains autres sujets d’actualité.

Peu importe, pour ma part si quelques noms dans les années précédentes ont pu être sujets à caution, le récipiendaire 2006 prénommé Muhammad me va très bien. C’est quand même un sacré signal que le sud adresse au nord.
Et le nord il va en perdre la boule (sans coup) quand il verra Muhammad Y et Zinedine Z inaugurer ensemble le 7 novembre prochain une usine de yaourts « ultra-nutritifs à bas coût ».

Certains sont en droit de se demander « pourquoi pas le Nobel d’économie ? ».
Ma réponse sera cynique, le partage des Nobel est simple. Toutes les disciplines scientifiques vont aux américains (qui a le plus de dollars pour la recherche ?).
Le reste est pour le reste du monde, Bangladesh et Turquie compris.
Les français pour se consoler ont eu en 2006 le prix IgNobel de physique sur la rupture (grrr) des spaghetti (sic). Depuis j’essaye aussi et je me ruine en boites de nouilles.

Pour mémoire, les mathématiciens n’ont pas de prix Nobel. En effet, Alfred Nobel et le mathématicien suédois Mittag-Leffler courtisaient la même dulcinée. Nobel (évincé ou cocu ?) développa quelques ressentiments envers le mathématicien et toute la discipline en général. Lorsqu’il créa la fondation, il décidait donc de ne pas attribuer de prix aux mathématiques.

Publié dans: on 20 octobre 2006 at 3:39 Commentaires (0)

Fin de parcours pour Augusto

Officiellement, on nous dit que l’ancien dictateur chilien est en « état de démence sénile ». Mais, Augusto Pinochet, né à Valparaiso dans une famille modeste, est toujours justiciable. Ces jours ci, le juge Alejandro Solis l’a interrogé à son domicile de Santiago pour sa responsabilité dans les actes de torture infligée à 23 survivants du centre de torture Villa Grimaldi et la disparition de 36 autres victimes non seulement dans son pays, mais également en France, où il est poursuivi pour son rôle dans la disparition de quatre Français au Chili au milieu des années 70. A ce titre, fin décembre 2005, le parquet de Paris a requis le renvoi de l’ex-dictateur devant la cour d’assises, accompagné d’une petite quinzaine de ses anciens proches, militaires aujourd’hui à la retraite.

La démarche du juge Solis a elle été rendue possible par la décision historique de la Cour suprême chilienne de lever, le 3 octobre dernier, l’immunité de l’ancien dictateur. Faisant application du droit international, la Cour suprême a confirmé les décisions des juridictions inférieures. Elle a ainsi qualifié de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre les crimes de disparitions et, pour la première fois, les crimes de torture, commis au Chili sous la dictature d’Augusto Pinochet (du 11 septembre 1973 à mars 1990), rejetant ainsi l’application de l’amnistie et de la prescription. Le juge Solis devrait prochainement annoncer s’il poursuit Augusto Pinochet.

L’ancien dictateur, qui aura 91 ans prochainement, s’est contenté de répondre qu’il ne se souvenait de rien. Une fois de plus, sa mémoire lui joue des tours.

Rappelons nous les vers de Pablo Neruda : « Pido castigo ! » (J’exige un châtiment).

Espérons que la justice humaine saura montrer à ce criminel nonagénaire que bien que né à Valparaiso, littéralement Vallée du paradis, sa fin de parcours sur terre sera un enfer.

Publié dans: on at 3:30 Commentaires (1)

Gilles de Boscher le syllabique

Quelle mouche a pu le piquer ? Encore une fois, il a perdu une occasion de se taire et d’éviter le ridicule. Qui? Gilles de Robien, notre ministre de l’Éducation nationale, a choisi tel Don Quichotte depuis bientôt une année un nouveau moulin à vent à charger. Il s’agit de la méthode dite globale d’apprentissage de la lecture. Les syndicats, les associations et les mouvements pédagogiques avaient mis en garde le ministre de l’éducation nationale et dénoncé son autoritarisme. Celui-ci a répondu par toujours plus de surenchère notamment en sanctionnant récemment un Inspecteur de l’éducation nationale, chercheur – formateur, alors qu’il avait critiqué les positions ministérielles devant Robien sur France Inter.

 Depuis une nouvelle provocation fait monter la pression. L’association Sos – Education, une association ultra conservatrice, dans des encarts dans la presse écrite, appelle les parents à dénoncer les enseignants qui n’utilisent pas la méthode syllabique. C’est qu’un peu partout sur le terrain, des enseignants sont soumis aux pressions de parents qui croient d’autant plus que l’instituteur de leur enfant utilise la méthode globale que le ministre laisse croire qu’une seule méthode est autorisée.

Dans une démarche globalement (pardon!) rétrograde, il semble oublier que depuis plus de quinze en ans cette fameuse méthode est plutôt tombée aux oubliettes de la pédagogie et est d’ailleurs régulièrement que l’immense majorité des élèves maîtrise la langue française et l’a apprise par des méthodes mixtes. En effet, si on avait donné la parole aux professionnels de terrain (en clair les professeurs des écoles), ceux-ci auraient pu dire que la lecture c’est, à la fois, identifier des mots écrits et en comprendre la situation dans le contexte. L’un et l’autre aspect de la lecture doivent être enseignés.

Pourquoi, alors, cette tempête dans un verre d’eau avec cet acharnement démagogique qui ignore l’expérience accumulée par des milliers d’enseignants et les acquis de la recherche. Pourquoi plutôt ne pas s’interroger sur le fait que l’illettrisme et les jeunes sortis du système scolaire sans déconseillée dans les textes réglementaires. Doit-on pour autant idéaliser l’ancienne méthode dite syllabique (ou Boscher) qui pouvait avoir comme effet de voir des générations d’élèves ânonner des textes sans forcément les comprendre.

 Aujourd’hui, il serait plus juste de constater que l’illettrisme et les jeunes sortis du système scolaire sans diplômes concernent essentiellement les familles défavorisées. Oui, Monsieur le Ministre, il y a bien un lien entre pauvreté et échec scolaire.

Publié dans: on at 3:27 Commentaires (0)